Cette petite histoire pour le moins énigmatique m’est arrivée lors d’une excursion avec deux amis dans l’arrière pays-niçois un :
MERCREDI 14 AOUT 1996
11heures 35. Nous roulions toutes vitres ouvertes sur la D2 qui menait au col de VENCE. Le ciel bleu azur était sans nuage, le soleil brillait comme un flash continu, pas une seule brise, rien pour atténuer cette chaleur étouffante. La journée s’annonçait torride.
02/04/2007
{no-combomax}
Repérant enfin sur la droite un passage accessible au Lada Niva, un 4x4 vieux modèle, nous quittons la départementale à quelques 300 mètres de la carrière de pierre pour attaquer une pente pas loin des 45° à l’ouest du baou des blancs. Installé à l’arrière j’avais la désagréable impression que le véhicule allait basculer en arrière, je me cramponnais d ‘autant plus quand le bahut attaqua le sol rocheux. Nino le conducteur un peu fêlé du volant avait carrément coupé à travers la colline noyée de roches qui effleuraient le sol donnant l’aspect d’une chaussée pavée pour géants. Ce drôle de petit bonhomme tout en nerf faisait jouer le crabot avec dextérité tel un beau diable sur sa machine infernale. Le troisième larron, Max, malin et leste comme un singe qui était à l’avant, côté passager, les yeux rivés sur l’avant du 4x4 signalait à chaque instant la direction à prendre pour éviter aux roues de glisser dans les trous (qui étaient légions dans cette contrée) ou seuls les serpents et lézards savaient se fondre à l’ombre des rochers brûlants par un soleil de plomb.
Sous les directives autoritaires de Max nous suivions un hypothétique passage à travers la roche escarpée. Le « tout terrain » tanguait dangereusement sur ses quatre roues motrices et malgré l’extrême vigilance de Max qui en plus de la parole joignait le geste tel un chef d’orchestre, il fallut plusieurs fois descendre pour guider le chauffeur. L’entreprise s’avérait délicate pour ne pas dire critique car une mauvaise manœuvre et s’était au mieux l’immobilisation du véhicule, au pire le bahut se fracassant sur le côté et le seul moyen de le dégager aurait été d’appeler un hélicoptère. Après mille précautions nous arrivions enfin sur un terrain de terre parsemé encore de rochers qui saillaient ça et là mais l’accès s’avérait plus praticable. Nous bifurquions sur la droite pour récupérer une colline à l’ouest du baou des blancs pour nous rapprocher le plus prés possible du plateau ou quelques vestiges imposants d’une très ancienne forteresse semble endormis depuis des lustres. Nous comptions établir notre camp à l’abri de ses murs en ruine pour passer la nuit. Nous avions cependant du pain sur la planche .Le but de notre sortie était de contourner le rocher du baou des blancs à sa base et aux alentour des falaises abrupts et escarpées pour dénicher d’éventuelles entrées de grottes, cavités ou souterrains non encore découverts.
Sacs à dos nous abandonnions le 4x4 en plein milieu de la colline déserte et silencieuse. L’implacable soleil nous cuisait la peau, la sueur nous coulait le long de l’échine nos tee-shirts étaient trempés et avant d’entamer la descente vers un petit vallon, nous nous retournions une dernière fois pour regarder la voiture de couleur blanche qui se fondait déjà avec son environnement de pierres et de roches blanchis par le temps.
En plein mois d’août à la veille de l’ascension nous n’étions pas étonnés de rencontrer des groupes de promeneurs toujours attirés par le site et la beauté du paysage ou du point culminant de ses 672 mètres d ‘altitude on peut admirer toute la vallée de Vence et au-delà . La mer au loin brillait sous le soleil éclatant comme un long ruban d ‘argent. Nous arrivions enfin au pied de la montagne rocheuse pour nous fondre très vite au travers des taillis et roches informes à la recherche de quelques entrées souterraines. Il faut dire que les parois rocheuses ne manquaient pas de grottes et cavités plus ou moins profondes, bien sûr pour la grande majorité bouchées ou déjà explorées par les chercheurs objets antiques, archéologues, spéléologues et quelques curieux en mal d’aventures négligeant les risques toujours présents. Pendant plus d’une bonne heure nous arpentions de long en large la zone chaotique de roche brûlant par un soleil sans pitié quand une entrée s’offrit subitement à nous, curieusement au raz du sol pratiquement invisible pour un profane à cause des taillis et arbustes encastrés contre la paroi rocheuse, l’ouverture assez étroite n’excédait pas 35 centimètres de hauteur. Tout excités nous nous faufilions sans attendre comme trois serpents dans le noir absolu. Une fois à l’intérieur nous allumions nos torches toujours à porté de main. Mitraillant les parois nous remarquions avec satisfaction l’élargissement progressif de la grotte.
- Super ! S’écria Nino, nous avons peut-être découvert un souterrain inexploré!!!
- C’est inespéré! Lança à son tour Max, les yeux brillant de joie en pointant sa torche vers le fond de la galerie. Regardez, cela continu plus loin. Allons-y les gars !
Je balayais inconsciemment le sol avec ma torche pour déceler quelques papiers alu ou autres déchets qui pouvaient déceler un éventuel passage humain mais rien. Cela m’encouragea à suivre les deux compères impatients d’en découdre avec une forêt de stalactites et stalagmites qui telles des barrières de calcaire acérées semblaient décourager les éventuels profanateurs de quelque lieu sacré.
La galerie naturelle s’enfonçait de plus en plus dans un dédale de roches humides vers les profondeurs opprimantes de la montagne rocheuse. La température froide et moite contrastait avec l’extérieur qui à cette heure de la journée devait avoisiner les 35°. Malgré cela nous étouffions de chaleur dans cet air saturé d’humidité ou l’oxygène ratifié nous empêchait de respirer normalement. A environ une trentaine de mètres de l’entrée de la grotte et à 10 mètres plus bas le fond de la galerie se rétrécissait en entonnoir. Nino pointa sa torche dans le goulot qui devait faire environ 0,50 mètre de diamètre, il engagea sa tête pour mieux se rendre compte de l’accessibilité du passage.
- Tu ne vas pas rentrer la dedans lui dis-je inquiet. C’est un vrai piège à rat, tu risques de rester coincé.
- Te fais pas de bile me lança Max nous en avons vu d’autres, Nino est pire qu ‘une anguille et puis faut voir ce qu’il y a plus loin.
Nino qui ne nous écoutait plus était déjà engagé dans la cavité. Tel un serpent il se contorsionna pour mieux épouser les formes de la roche. Ses jambes et son corps disparurent comme avalés par la bouche d’un monstre, seule sa tête immergeait encore, son visage maigrelet et osseux éclairait par nos torches devenait encore plus hideux et faisait presque peur, se tortillant en mouvement long il nous fit un petit sourire grimaçant et disparut entièrement dans le noir.
Il descendit environ 1,50 mètres, nous entendions sa forte respiration qui résonnant dans la grotte amplifiée par l’écho ressemblait au bruit que fait un train à vapeur.
Plus inquiet qu’impatient je lui demandais si tout aller bien.
Pour toute réponse il tendit une main.
- Qui a-t-il. Lui demanda Max.
- Tirez moi de là et le plus vite possible, il y a un abîme là dessous.
En l’espace d’une seconde nous l’extrayions de sa fâcheuse posture, il était pâle comme un mort et tout égratigné par la roche rugueuse qui coupait comme du verre.
- Qui à t il Nino...? Tu as vu un fantôme ou quoi .!? Lui criais je soucieux de son état.
- Pire que ça les gars, j’ai failli tomber dans le vide, il y a un trou immense là en dessous et je ne sais pas sur quoi ça débouche, c’est noir comme dans « le cul d’une poule » la dedans. Dommage nous n’avons pas de cordage, faudra revenir.
OK ! Ok! Lança Max .De toute façon nous sommes crevés et j’ai une faim de loup… on verra demain. Content de sortir de ce trou à rats j’approuvais volontiers la décision.
Une heure plus tard. Il était 19 heures 15. Nous étions remonté sur le plateau du baou des blancs. Pas fâchés de regagner notre campement. Les derniers randonneurs et promeneurs du dimanche dévalaient déjà la pente sur un sentier creusé par un passage millénaire. Le soleil déclinait doucement vers les montagnes et les collines du col de Vence, la température plus douce de l’altitude nous faisait le plus grand bien. Le site magnifique surplombant la cité de Vence donne une vue panoramique de 360°. Un silence pesant noyait petit à petit toute la région montagneuse Nous restions là à profiter de cette contrée à la fois désolée et envoûtante, belle et sauvage, ou pratiquement aucune végétation ne pouce, seules les étendues de pierres et roches affleurant le sol dorment pour l’éternité. L’astre rouge sang allait disparaître derrière les collines arides non sans avoir une dernière fois de la journée illuminer d’un ocre rouge les restes des vieilles murailles d’une forteresse qu’on appelait autrefois Saint-Laurent de la bastide ou les paysans et citadins de la cité Vençoise et des alentour venaient s’y réfugier des envahisseurs barbares.
L’air s’était rafraîchi avec le couché du soleil et nous décidions de faire un bon feu prés de notre bivouac, ce n’était pas les branches mortes qui traînaient dans le coin, nous ramassions de quoi alimenter la brasier jusque tard dans la nuit. Il faisait maintenant nuit noire, le ciel pur et profond laissait apparaître dans la voûte céleste des milliers d’étoiles et comme si c’était leur reflet, un tapis de petites lumières noyaient la vallée de vence. Nous conversions tard dans la nuit et malgré la fatigue de la journée nous étudions les paupières lourdes un plan pour descendre en toute sécurité dans le trou en entonnoir que nous avions découvert et ainsi explorer une caverne ou un abîme sûrement inconnu à ce jour. Las et impatient d’être le lendemain nous tombions comme des masses sur nos couchettes, quelques instants après mes deux amis dormaient comme des marmottes.
J’étais crevé de fatigue mais il m’était impossible de fermer l’œil, Est-ce l’altitude ou bien l’excitation de la découverte, et si demain on se perdait au fond de la grotte dans un dédale de labyrinthes ? S’il y avait de l’eau et qu’elle montait subitement : ça s’est déjà vu. Mes collègues m’avait dit, je ne sais de quel source ils détenaient leurs renseignements, qu’une rivière souterraine passait sous le rocher du baou des blancs : allez savoir, je me posais mille questions. Les yeux grands ouverts j’était perdu dans mes pensées quand , entre les crépitements du bois mort et les renflements de mes deux acolytes mes oreilles captèrent un son comme je dirais plus tard - étrange et inconnu - un bruit inhabituelle qui semblait provenir au dessus de moi. Les yeux rivets dans le ciel noir et froid je cherchais à travers une brume éparse qui stagnait à quelques 100 à 150 mètres environ du sommet du baou la cause de ce phénomène. L’énigmatique son se rapprochait de plus en plus, inquiet je faillis réveiller mes amis qui dormaient à points fermés quand j’aperçu juste à la verticale du campement une énorme masse sombre qui filait à travers la brume d’Ouest en Est. Stupéfaits je me demandais si je n’étais pas en train de rêver je me redressais sur ma couchette écarquillant bien les yeux pour essayer de distinguer de quoi il s’agissait au juste. La surprise laissa vite la place à un sentiment d’angoisse. L’objet de forme oblongue éclairé par la pleine lune était d’une teinte gris métallique aux dimensions gigantesque et qui devait d’après mes estimations faire 150 à 200 mètres de long par 30 à 50 mètres de diamètre, pas une seule lumière ne signalait sa présence, je n’avais remarqué aucun hublot ni excroissance, il semblait fait d’un matériau lisse mais non brillant. Sa vitesse n’était pas excessive, il filait droit et à l ‘horizontale mais en moins de 15 secondes il avait disparu dans le brouillard en direction de St Jeannet. Ce qui m’à frappé s’était le bruit qu’il faisait, un son intermittent mais régulier, environ toutes les deux ou trois secondes vibrant et métallique, sensiblement identique aux bruit que dégage les câbles électriques à très haute tension ou même les transformateurs quand on s’y approche de trop prés mais avec une intensité plus forte et plus brève. Cette nuit là j’ai eu bien du mal à m’endormir.
Gilbert GARCIA - Nice
Avril 2007
Dernière mise à jour : ( 05-09-2007 )
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