Traducteur

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Ricardo

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La première impression que l’on a lorsqu’on rencontre Ricardo, c’est une présence physique, il en impose !. Le torse bombé, les chaînes en or sur le torse et une barbe grisonnante. Un chapeau de cow-boy sur la tête, c’est indiscutablement un personnage. Un demi sourire qui se transforme en sourire et un regard avenant, la poigné de main ferme et des yeux bleus, un bleu spécial, celui des aventuriers.
Lorsque nous nous sommes rencontré la première fois, c’était sur la longue plage de galets qui sépare Villeneuve Loubet d’Antibes. A mesure que j’évoluais sur le bord de l’eau avec mon détecteur je discernais de loin un homme qui me regardait et qui s’approchait par curiosité. Et puis la distance s’est raccourcie, j’ai enlevé le casque pour parler. Nous avons vite compris que nous étions habité par le même virus, la prospection. Nous ne nous étions jamais vu. Nous nous sommes approché de son camion et il me montra tout son matériel de détection dans le coffre. Et pas n’importe quel matériel, celui d’un chercheur de biens familiaux. La conversation tourna vite sur le sujet de la prospection en générale et au fur et a mesure qu’il me décrivait sa prospection et que j’observais ses gamattes faites par lui-même, je réalisais à quel point cet homme était peu ordinaire.


Ricardo, un génie de la création.

 

Ses passions, il les vit avec talent. C’est un musicien de talent, un créateur de maroquinerie hors pair, un chasseur de trésor familiaux, un figurant pour le cinéma, de théâtre et un orpailleur amateur. Mais comment fait il pour vivre toutes ces passions ? C’est simple, Ricardo ne travaille plus pour un patron, mais il vit de ses passions. Ca n’a pas toujours était le cas.
Originaire de Valencienne, dans le nord de la France, Ricardo a débuté sa vie professionnelle avec un diplôme d’ingénieur en mécanique générale en poche. Fabriquer des machines outils n’a aucun secret pour lui, ce qui le servira plus tard.
Un reportage à la télévision sur l’activité des démineurs l’interpella. Outre les scènes de découvertes de mines, la caméra s’arrêta sur le squelette d’une main qui avait encore une bague à un doigt. Ricardo réalisa qu’un détecteur de métaux pouvait aussi détecter des petits objets. Le temps passa.
En 1978, il posa ses valises à Nice avec son amie qui deviendra sa femme et de leur union naîtra leur fille.
C’est en se promenant dans un quartier de Nice, rue Smolett que Ricardo trouva un magasin d’armes et de  détecteurs. Ce magasin n’existe plus. Il reconnu la morphologie de l’appareil à travers la vitrine et entra. Le vendeur le renseigna et lui montra des centaines de trouvailles et de bagues dans un présentoir vitré. Il n’en fallait pas plus pour le persuader d’en acheter un. Ce qu’il fit avec un « Freedom ACE » de Garrett payé 4000 francs à l’époque. L’appareil est toujours aussi impeccable malgré son ancienneté.
Après avoir déballé la machine il appris rapidement les rudiments de fonctionnement et ne put guère attendre plus de temps pour l’essayer. Direction, la promenade des anglais. Une fois le détecteur allumé, quelques minutes suffirent pour mettre à jour des pièces de monnaies. Et çà n’arrêta pas, Ricardo et sa femme n’en revenait pas !!! Il trouva beaucoup de pièces ce jour là et une bague en or serti d’une pierre précieuse.
« J’étais comme un enfant…c’était énorme ! Je ne pouvais imaginer qu’il y avait autant de pièces sur une plage !!! A tel point que j’en avais mal aux reins a force de me baisser. J’ai rapidement réalisé qu’il me fallait une pelle et un sac pour déposer toutes mes trouvailles. »
A l’époque, en 1980, cette activité était très peu connue du public.
« Les gens venaient sans arrêt me voir, il y avait beaucoup de curieux. En fait à part moi il n’y avait qu’une personne qui prospectait sur la plage,  je me rappelle c’était un américain. Des gosses me suivaient sur le sable et me demandaient ce que je faisais avec cette machine. Quand je déplaçais le sable avec ma chaussure et que je mettais à jour une pièce, c’était la stupéfaction dans le regard des gens ! Il trouve des pièces de monnaie avec cet engin !»
Les pièces de 10f, 5f et 1 f venaient gonfler quotidiennement le sac de trouvailles, le conte de fée continuait après en changeant de plage.
« Nous allions sans arrêt au restaurant avec ma femme, on n’arrêtait pas !!! On réglait avec nos pièces. On en avait même marre d’aller au restaurant tellement je trouvais de pièces ! Lorsque j’en avais trop chez moi je les apportais à la banque de France qui me les changeait en billets de banque. La dernière fois que je suis allé pour changer des francs avant le passage à l’euro, j’ai eu dans les 600 euros de gain»
On continue à trouver des pièces mais certainement pas autant que durant les années 80, il n’y avait pas autant de concurrence qu’aujourd’hui. J’appris une chose que je ne savais pas ce jour là, à propos de certaines pièces que l’on trouve, des pièces égarés de manière volontaire. Certains peuples comme les Roumains à l’occasion de leurs passages à Nice et pour faire en sorte qu’ils reviennent, font un vœu et jette une pièce à la mer à la manière des pièces jetées dans les fontaines. « C’est une jeune roumaine qui m’appris çà, alors que je venais de sortir du sable une pièce … roumaine. »
Les plages de la côte d’azur n’étant pas assez grandes pour Ricardo, il fit le tour du rivage de la corse, de la méditerranée et celui de l’Atlantique jusqu’à la Rochelle avec un camping car.
Sur la plage de Mandelieu, Ricardo fit la connaissance d’XXX, un autre prospecteur qui allait devenir un ami. Un ami qui partageait une autre passion : l’orpaillage ricardo1.jpg.                                                                                                                                                                                                                     Bardé des autorisations administratives en règle les deux compères pataugèrent dans les rivières du Gard à la recherche de paillettes d’or que Ricardo me montra durant notre entretien.
Sa vie est rythmée sur la recherche de l’or …en bague de préférence. Et il semblerait que le rythme soit une entité en lui car la musique, c’est sa grande passion.
« J’ai 42 années de musique derrière moi ! J’ai commencé lorsque j’étais employé de banque durant 10 ans. Le soir je faisais des répétitions et tous les week-end nous étions sur la route dans le groupe que nous formions. Je suis batteur » De la route, il en a fait, les bals, les anniversaires, les mariages tout était bon pour jouer. Sa route a croisée Daniel Gilbert l’impératrice de la télévision du direct des années 70 ainsi que Rica Zaraï. A force de jouer, il est devenu semi professionnel, « je faisais toutes les tournées été et hivers. De la variété internationale ».
Mais d’où est venu cette passion pour la country music ? Cet amour des Etats-Unis ? Tout rappelle les states dans son appartement, les accroches rêves, les statues d’indiens ou de cow boys, les drapeaux américain etc… « C’est en devenant musicien pour un club de danse à cagnes sur mer que je suis devenu attiré par cette musique  et depuis je parcours la France pour jouer dans les festivals et les concerts de country. C’est une passion ! »  Passion que partage son épouse, couturière de métier qui le suit partout et qui a voulu transformer une chemise de scène un jour en voulant lui mettre des boutons pressions. Malheureusement elle ne disposait pas de ce matériel adéquat. Qu’a cela ne tienne, Ricardo transforma une machine outil trouvé en une machine à riveter le tissu et le cuir ricardo2.jpg(photo2). Par extension, la curiosité et la persévérance ont conduit Ricardo à créer des ceintures en cuir, décorés, des étuis pour les rasoirs, pour les couteaux. Mais aussi des vêtements, des ceintures, des bracelets et des toiles en cuir  sur lesquelles il peint des personnages ou des animaux du continent américain à l’aide d’un aérographe.
                                                                                                                                                                          Et ce fut le point de départ de sa nouvelle activité de maroquinier. Rien n’était impossible, il créa tout ce que l’on peut imaginer en cuir. Aujourd’hui une pièce de son appartement est transformée en atelier de fabrication. Il n’y a pas la place pour deux. C’est une véritable caverne d’Ali baba, des matrices, de cuir, des rivets, de machines …Et il faut dire que cette activité va bien de paire avec la country music, c’est donc sur un stand qu’il vend ses créations lors des concerts mais aussi dans les campings lorsqu’il fait le tour de France des rivages pour la prospection. (photo4)
Pendant que je prenais des notes, Ricardo me dit « j’ai aussi était figurant de film, pour « Itinéraire d’un enfant gâté » et « Le fantôme de Monaco », figurant également pour le théâtre.
Il me sert un coca cola dans un verre et me tend un album photo qui doit peser 2 kg. En feuilletant les pages je découvre des photos de groupes folklorique jouant un peu partout en europe. « Je faisais souvent des tournées en Europe, j’ai même eu le premier prix spécial pour la percussion lors d’un concours nationale en Roumanie ; et il me montre le diplôme. Mes voyages m’ont amené au Mexique, aux Etats-Unis, j’ai fait de très beaux voyages ». (photo5)
Aujourd’hui après avoir travaillé dans la sécurité, Ricardo va sur les routes avec ses instruments de musique au rythmes  des demandes, il en a beaucoup, c’est comme pour ses articles de maroquinerie.
Et la détection dans tout çà ? Un nouveau détecteur depuis 6 mois, un « Infinium » de Garrett, « je suis fidèle à cette marque, elle m’a tellement apporté de trouvailles ! Je ne suis pas déçu de l’Infinium que je considère comme un très bon détecteur subaquatique. Il m’a déjà apporté pas mal de bijoux et de pièces dans l’eau. »
Est-ce qu’il trouve toujours autant de bagues et de pièces que dans les années 80 ? « Oui, beaucoup encore mais moins qu’avant, des bagues, j’en ai trouvé des centaines sur le sable, entre 4 et 5 par moisricardo3.jpg durant toutes ces années. Aujourd’hui, lorsque j’ai trop de pièces de monnaie je les échanges à la Banque de France qui ne me fait aucun problème pour çà. Il fallait voir au début des années 80, la sacoche de pièces était lourde à chaque sortie, c’était énorme !!!»
Quel est le meilleur souvenir de prospection ?
« La première fois que j’ai trouvé une bague, c'est-à-dire 5 minutes après avoir commencé à détecter la première fois ! Je n’arrivais pas à le réaliser ! Elle était sous le sable le long du mur de la promenade des anglais, c’est un souvenir inoubliable »
Le collier en or que porte Ricardo autour de son cou a été fabriqué à partir de toutes ces bagues en or qu’il a trouvé, pour les avoir toujours avec lui, pour qu’elles ne les quittent pas !
Depuis peu de temps, Ricardo effectue des recherches de biens familiaux, une bague égarée dans un jardin, suite à une dispute de couple, une caisse de munitions enterrée dans un champs etc. « Depuis le temps que je fais de la détection, on me connaît et c’est le bouche à oreille qui fonctionne ainsi que des petits tracts que je diffuse un peu partout »


Les trucs et astuces de Ricardo :
•    Nettoyage de l’or et de l’argent : produit « Delu » chez Carrefour.
•    Nettoyage manuelle des pièces de monnaies : une planchette plastique dont la taille des pièces a été évidée, de cette manière il suffit de passer une brosse pour nettoyer sans que la pièce ne bouge. ( photo6)
•    Idem avec une fabrication maison de la machine à laver les gemmes à la main, agrémenté de graviers. (photo7)
Jean-Philippe RODRIGUES 
 
 
 
 
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